le projet de décharge

étude comparative des différents traitements des ordures et déchets

 

25 mai 2007

A la demande du Conseil général des Alpes-Maritimes, le bureau d'engineering Trivalor a réalisé une étude sur le traitement des déchets des Alpes Maritimes : " Etat de l'art des meilleures pratiques de traitement des Ordures Ménagères Résiduelles" .
Veuillez trouver ci-après l'analyse et les commentaires critiques de M. Edwin Altinger, ainsi qu'une synthèse comparative nous donnant des conclusions très sensiblement différentes :

1. Analyse du document

" D'après l'analyse de ce document, il faut constater que les auteurs ne cachent pas leur préférence pour un centre d'enfouissement, malgré le fait qu'ils présentent de bons arguments qui soutiennent le contraire !! .

Rappelons nos objectifs :

Les définitions des objectifs du rapport Trivalor sont :

Trouver la meilleure solution pour :

  1. minimiser les dangers pour la santé de la population
  2. minimiser les effets négatifs sur l'environnement
  3. maximaliser la revalorisation des ressources

    Le choix final doit combiner ces trois conditions à un coût acceptable
  1. Maîtriser les nuisances, salubrité publique
  2. Réduire le volume et le tonnage à stocker
  3. Réduire les nuisances potentielles des déchets à stocker

On ne considère pas l'environnement ni la revalorisation, mais seulement l'effet de stockage. Déjà dans les objectifs, toutes les solutions sauf le stockage ont été éliminées.

Sur le tableaux page 2 nous sommes informés que :

    1. La loi demande que seulement les déchets ultimes, i.e. les déchets prétraités peuvent être stockes
    2. Que le plan départemental arrête la construction des nouvelles UIOM et le remplacement des UIOM de Nice et d'Antibes !

En conséquence il faut stocker tous les déchets du département, mais où cela  ?

Le rapport de ANTEA (mars 2005 Recherche de sites favorables à l'implantation d'installations de stockage de déchets ménagers et assimilés) arrive à la conclusion que seulement le site de Barbossi est favorable avec une capacité globale de 5 000 000 tonnes des déchets.

Selon le plan départemental d'élimination des déchets ménagers et assimilés des Alpes-Maritimes en 2010 le volume sera de 1 400 000 to/an. Les deux incinérateurs (Nice et Antibes) ont une capacité de 523 000 t/an. Il reste donc 877 000 t/an à traiter.

La CSDU de la Glacière a une capacité de 270 000 t/an sera saturé en 2010. Même avec les 330 000 t/an (capacité prévue pour Barbossi) le département n'aura pas assez des capacité de stockage .

Dans le deuxième tableau page 2 Trivalor propose deux filières d'éliminations des déchets :

  1. Le prétraitement mécano biologique (ou compostage) .
  2. Les traitements thermiques (ou incinération ).

Explications :

  • Le prétraitement mécano biologique
    • partie mécanique
      • extraire les déchets dangereux
      • séparer les ferrailles
      • séparer les matières fermentescibles
      • séparer la fraction grossière combustible
    • partie stabilisation biologique
      • par compostage (stabilisation aérobie)
      • par méthanisation (stabilisation anaérobie)
      • par traitement physico-chimique (chaulage)
    • Le prétraitement est en amont de l'enfouissement et de l'incinération
    • Dans premier tableau page 3 TRIVALOR montre des atouts pour ce prétraitement. Essentiellement ces sont des atouts comparés avec enfouissement et pas avec l'incinération.

     

    Les "Avantages" mis en valeur dans de projet Trivalor
    Nos commentaires  :
    a
    Meilleure acceptation par les usagers. C'est une opinion non concrétisée, (par rapport à quoi ?)
    b
    Fermentation amont maîtrisée Cela peut-être valide en cas d'enfouissement car il n'y a pas de fermentation avec incinération
    c
    Produit résultant stable et pratiquement inodore. Les produits sont le composte et le biogaz. Le composte est difficile à vendre dans les A-M parce qu'il n'existe que peu d'agriculture, le biogaz doit être valorisé par transformation thermique en énergie. (Cette même énergie est plus facilement récupérable avec l'incinération).
    d
    Chaîne complète de traitement Ce traitement n'est en réalité qu'un prétraitement .
    e
    Facilité de gestion de l'ISDN (Installation de Stockage des Déchets Non Dangereux) Les arguments ne sont pas comparés avec l'incinération
    f
    Moins d'odeurs, de biogaz et de charge organique des lixiviats Avec le prétraitement on réduit le volume (20 à 50%) c'est aussi valable avec l'incinération.
    g
    Moins de tassement différentiel en ISDN  
    h
    Augmentation de la durée de vie du centre ISDN  

     

    Trivalor donne aussi des arguments pour l'incinération après prétraitement :

    - Moins d'imbrûlés et PCI plus élevé

    - Moindres quantités à incinérer

    - Quantités moindres de mâchefers (fraction minérale écartée, car concentrée dans les fines)

    Ces arguments sont tous valides.

    Premièrement: les technologies proposées par TRIVALOR ne sont pas prouvées pour les volumes concernés. Dans le plan du Conseil Générale des A-M on parle de 330 000 to/an pour Barbossi. C'est volume après le prétraitement. Le volume d'un éventuel centre de traitement mécano-biologique doit être au moins 40% plus élevés (550 000) Les volumes des exemples cités sont inférieurs (Amiens 85 000 to/an.) à ce volume.

    Une autre erreur est que les 550 000 t doivent être transportes à un centre de traitement où on va réduire le volume de 20 – 40% ce qui veut dire qu'au moins 330 000 sont à transporter d'un centre de traitement à un CSDU ou à un incinérateur. De plus le composte (estimons 150 000 t) est à transporter à des utilisateurs en dehors du département. Globalement ce sont à peu près 1 000 000 to de plus à transporter. Si la charge d'un camion est calculée avec 16 tonnes nous parlons de plus de 60 000 camions par an. L'impact sur environnement sera très lourd et n'est pas chiffré dans la présentation.

    Pour stocker les déchets il est prévu à Barbossi d'utiliser > 40 ha pour une durée de 10 ans (330 000 t/an total 5 Mill tonnes) mais les ordures stockées ont une période de 30 an pour se décomposer, il faudra alors sacrifier tous les10 an un terrain de 40 ha Pendant ces 40 ans les biogaz et méthane, fruit de la décomposition des ordures stockées dans le CSDU présentent un risque d'incendie. Un autre produit de cette décomposition les lixiviats présentent un danger pour les eaux et les dioxines dispersées dans les lixiviats un risque pour la terre et la chaîne alimentaire.

    2. Nos propositions

    2.1. Trouver la solution pour minimiser les dangers pour la santé de la population

     Les ordures se décomposent en gaz, (biogaz, méthane), lixiviats (liquide chargé de métaux lourdes) et finalement en terre. Dans le compostage ce procédé est accéléré, dans le stockage il prend 30 ans, et dans l'incinération c'est immédiat.

    2.1.1. Compostage : Si la digestion prend place dans un circuit fermé et dans un bâtiment pour empêcher les gaz et les odeurs de s'échapper (pas des risques pour la population)

    2.1.2. Incinération  : Il existe la fausse impression que l'incinération soit plus dangereuse. Dans les incinérateurs de la nouvelle génération les gaz sont captés et traités et les risques pour la population sont donc minimaux. (Voir étude du 30. novembre 2006 de l'Institut national de veille sanitaire)

    2.1.3. Stockage  : Il est très difficile de garantir l'étanchéité pour les gaz et les liquides (lixiviats) d'un centre de stockage de 37 ha parce que la terre bouge à cause de légère activité sismique. Voir les difficultés de la Glacière. Risque d'incendies du gaz, contamination des eaux et de la terre par les dioxines dispersées, pannes des systèmes de surveillance. Les virus, microbes et germes vivant dans l'ordure ne sont pas détruits. Pour la population les risques existent pendant les 30 ans de digestion.

    2.2. Trouver la solution pour minimiser l'effet sur l'environnement

    2.2.1. L'effet de serre :


    Compostage 
    : C'est un prétraitement pour séparer et traiter la partie fermentescible des ordures ménagères, à part du terrain nécessaire pour la digestion. Presque toute la quantité totale (550 000 tonnes) doit être transportée au centre de traitement et au-delà 60% au centre de stockage ou à l'incinérateur et presque tout le reste est composté et transporté en dehors de département. Calculant 16 tonnes par camion, on arrive à 60 000 camions et un effet sur les gaz de serre substantielle. L'effet pour le stockage est inclus dans les valeurs indiquées pour la stabilisation chimique, la méthanisation et le compostage.

    Incinération : Seule la Thermolyse (Incinération sans air) donne des résultats majeurs.

    Stockage: Pour l'effet de serre c'est la pire des solutions

     

    2.2.2. Effets sur les tonnages résiduels

     

    Les volumes déterminent combien de terrain doit être sacrifié pour le traitement des déchets et quel poids doit être transporté.

    Compostage La taille d'un centre de compostage dépend du volume à traiter et du procédé utilisé pour la stabilisation des déchets. Les installations sont plus grandes pour accepter les digesteurs.

    Incinération : Avec la vitrification (traitement à haute température) il existe des procédés pour éliminer les mâchefers et le REFIOM (produit du nettoyage des fumées de combustion) et les rendre recyclables.

    2.3. Trouver la solution pour maximaliser la revalorisation des ressources

    Compostage  : Selon la méthode de stabilisation les parts fermentescibles sont séparées et traitées. Les produits sont : le biogaz qui peut être valorisé comme énergie, et le compost qui quelquefois est vendable.

    Incinération : 330 000 tonnes produisent la même énergie que 165 000 t. de carbone soit :

    En électricité seule : 104 000 MW

    Soit en chaleur directe 302 000 MW

    Soit en co-génération (chaleur + électricité) 390 000 MW

    74 000 t. de mâchefers pour sous couche routière (valorisation dans les A-M délicate)

    8250 t. de Métaux  

    Stockages : Le rendement des biogaz capté dans un CSDU est faible comparé avec les autres méthodes d'élimination les déchets ménagers. Il existe pratiquement pas de revalorisation.

    2.4.  Le choix final doit combiner ces trois conditions à un coût acceptable

    *Incinération calculé sur la base 160 000 t/an

    Compostage : Suite à la faible revalorisation les couts sont plus élevés dans un ordre de 25 à 30% pour les différentes méthodes de stabilisation. Le fait que le volume doit être transporté deux fois n'est pas considéré dans ces calculs.

    Incinération : Le coût global baisse si les quantités traités sont plus élevées. Pour 160 000 t/an TRIVALOR indique 85 à 95 €/tonne. Les chiffres donnés dans le Rapport Annuel de SIDOM (incinérateur d'Antibes) sont nettement au-dessous (€40.58 /t en exploitation, 66.92 € /t coût net)
    L'incinération est la méthode plus économique pour traiter les déchets.

    Stockage : Les coûts sont plus élevés parce qu'aux frais de préparation du terrain, il faut ajouter un paiement par tonne au propriétaire du terrain, la surveillance pour 30 ans, les coûts des réseaux pour traiter et éliminer les biogaz et des lixiviats.

    3. Nos conclusions :

    À l'analyse de tous les arguments on arrive à la conclusion que l'incinération est la méthode préférable et si les fumées sont traitées, le risque pour la santé est minimal, de même pour les émissions de CO². Comme l'utilisation du terrain est aussi minimale et on ne laisse pas une hypothèque pour l'avenir. Le principal atout est la revalorisation des ressources et la technique maîtrisée. L'incinération est le choix préféré dans la majorité des départements de France et dans le monde entier.

    Le choix est clair pour l'Europe et le sénat a donné son avis sur ce sujet :

    « Le Parlement européen a insisté pour que la mise en décharge des déchets soit la dernière option après la prévention, la réutilisation, le recyclage et l'incinération.

    Des objectifs chiffrés sont prévus. L'objectif est de diminuer les déchets biodégradables mis en décharge de 25 % après cinq ans de la transposition, 50 % après huit ans, 75 % après quinze ans.

    Cette directive, une fois adoptée, devra être transposée dans tous les États membres. D'où l'importance de trouver des solutions innovantes pour les déchets organiques »