Nous allons dans le mur !
" La fermeture de la décharge de la Glacière est programmée en 2010, rappelle Paul di Natale, vice-président de la CCI Nice Côte d'Azur Pour ouvrir un site identique il faut de 4 à 5 ans compte tenu des autorisations à obtenir et des recours inévitables. Or, aujourd'hui, aucun dossier n'est encore déposé. Il suffit de calculer. Nous sommes en 2007. Cela nous mène en 2011 pour un site de remplacement. Les Alpes-Maritimes sont donc déjà en retard. Mais pire : comme nous entrons dans une période d'élections avec les municipales en 2008, toute décision risque d'être repoussée après ces échéances. Ce qui mène au mieux vers 2013-2014. Comment fera-t-on après 2010 ? » La question pour l'instant n'a pas de réponse. C'est pourquoi la CCI Nice Côte d'Azur fait des propositions et mène des actions concrètes sur le dossier de l'élimination des déchets, crucial pour le département.
Tout ne peut être valorisé.
Ceux qui ont vécu début 2000 l'épisode du Jas de Madame savent que, faute de trouver une solution, toute l'activité économique du département sera gravement handicapée. "C'est un sujet brûlant, note le Vice-président de la CCI. Dans les Alpes-Maritimes, personne ne veut une décharge sur son territoire et les autres départements ne veulent pas de nos déchets, ce qui est normal. Aujourd'hui, nous allons vers des idées de tri sélectif et de valorisation. Mais tout cela est long à mettre en place. Le tri sélectif permet de diminuer la mise en décharge. Il ne faut cependant pas se leurrer. Un centre de stockage de déchets reste nécessaire".
Car tout ne peut pas être valorisé. "Il nous faut donc également plusieurs solutions de décharge, insiste Paul di Natale. La Glacière a été ouverte pour recevoir un certain tonnage. Elle ne pourra pas aller au-delà. Le principe aujourd'hui, semble pourtant d'attendre le dernier moment pour trouver une solution. Ce n'est pas la meilleure méthode. Ce qui se passera demain? Je n'en sais rien. C'est pourquoi nous lançons un cri d'alarme."
2010, une date clé
Le problème pour le département ? Il se pose plus particulièrement pour ce qu'on appelle les déchets ménagers et assimilés. C'est-à-dire principalement les ordures ménagères et les déchets d'entreprises non dangereux. Au total, ce sont de 1,3 à 1,4 million de tonnes chaque année dans les Alpes-Maritimes dont 650.000 tonnes (45% de l'ensemble) provenant des entreprises. Pour les traiter, quatre filières principales sont utilisées. La première (28%) c'est la valorisation énergétique avec les usines d'incinération des ordures ménagères de Nice (330.000 t/an) et de Monaco (80.000 t/an). En second, la valorisation matière (recyclage) et organique (compostage) pour 26% du total. Troisième "filière de traitement", le stockage sur le site de La Glacière pour 21% avec 300.000 t/an, puis l'incinération avec l'usine d'Antibes (9%). C'est bien sûr le stockage qui pose le problème le plus pressant.
"2010 est une date clé", poursuit Paul di Natale. "Avec la fermeture de La Glacière nous allons nous retrouver dans une situation très critique. D'autant plus avec le principe de "zéro incinération" posé dans le PDED (Plan départemental d'Elimination des Déchets), comme l'incertitude sur l'exploitation des usines d'incinération d'Antibes et de Nice". Sans oublier un autre problème qui concerne le BTP pour ses déchets dits inertes : gravats, terre, remblai. Ils sont actuellement stockés à Montaleigne (150 000 t/an) et Gilette (600 000 t/an), sites qui devraient respectivement fermer en 2007 et 2009 (les sites de substitution semblent cependant moins difficiles à trouver pour cette catégorie de déchets).
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